Potentielles agressions

Information

Projet de parc éolien de l’association Ventis – Aspiravi

Le mardi 20 novembre 2018, les représentants des 2 sociétés se sont présentés et ont présenté leur projet commun lors de la Réunion d’Information Préalable (RIP) réglementaire.

Le projet est composé actuellement de 6 éoliennes de puissance unitaire de 2 à 4 MW, d’une hauteur probable de 180 m en bout de pales, réparties le long de l’autoroute à hauteur de Monaville et Withimont (Longchamps), avec vue imprenable depuis Hemroulle ou Savy comme le montre les cartes ci-dessous.

Ce projet pourra être amandé en fonction des remarques des citoyens et de l’Etude d’Incidence Environnementale (EIE) à faire par un bureau d’études agréé.

Nous avons informé le promoteur que le site qu’il a choisi est tout à fait inadéquat. Nous y voyons déjà plusieurs raisons pour s’y opposer:

  1. D’un côté, le parc éolien prévu est situé principalement sur le haut du versant situé au Sud-Est du vallon du ruisseau de Wé de Va qui fait face aux villages de Monaville, Longchamps et Withimont situés sur l’autre versant de ce vallon de la commune de Bertogne. De l’autre côté, le parc éolien prévu est situé principalement sur le haut du versant situé au Nord-Ouest du vallon du ruisseau de Darimont qui fait face aux premières maisons des villages de Savy et Hemroulle situées sur l’autre versant de ce vallon sur la commune de Bastogne. La majorité des habitations ont leurs lieux de vie (living et jardin) orientés vers ces vallons bucoliques. Le mouvement perpétuel des hélices et les feux clignotants seraient dans leur champ de vision direct et permanent car il n’existerait aucun écran physique entre leurs lieux de vie et le parc éolien. La nuisance visuelle serait donc insupportable.
  2. Le parc éolien projeté est au centre d’un triangle ayant comme sommets les étangs de Rolley au sud, les étangs de Fazone au nord et la zone humide du Préfamine (ruisseau de Darimont) à l’est. Cette zone s’étend sur les deux communes de Bertogne et de Bastogne. Ces étangs, leurs zones humides et les zones forestières voisines sont des sites importants pour quantité de grands oiseaux protégés nicheurs (milan royal, grand corbeau, cigogne noire, hibou grand-duc) ou migrateurs (grues,…). Il serait insensé de mettre en danger ce patrimoine ornithologique.
  3. L’emplacement de l’éolienne n°6, le plus au nord, à moins de 200 m d’un étang n’est certainement pas recommandable au point de vue de la biodiversité. Si le promoteur continue son projet, il est impératif que l’EIE approfondisse le sujet des impacts des vibrations, y compris dans la gamme des infrasons, engendrées par l’éolienne sur toutes les composantes de l’écosystème, jusqu’aux micro-organismes de l’étang tout proche et de sa zone humide, sur terre, sous terre et dans l’eau.
  4. L’emplacement de l’éolienne n°1, le plus au sud, est à environ 75 m du ruisseau de Darimont qui alimente une zone Natura2000 importante pour la protection d’espèces rares aux étangs de Rolley et est lui-même en zone Natura2000. Les risques de pollutions lors des travaux de construction de l’éolienne et de son exploitation justifient le rejet de ce positionnement.
  5. Fondamentalement, nous n’acceptons pas que nos responsables politiques considèrent que le citoyen wallon a moins de valeur que le citoyen du monde en acceptant des distances de protections entre éoliennes et habitations beaucoup plus courtes que les recommandations de l’OMS.

FAQ

1. Pourquoi y a-t-il moins d'opposition dans des régions plus densément peuplées de Belgique et une opposition plus grande dans les régions moins densément peuplées comme l'Ardenne?

Nous pensons qu'il y a 3 raisons principales:

  • les régions les plus densément peuplées sont aussi plus plates avec très peu de relief et donc les éoliennes se confondent plus facilement dans le paysage. En Ardenne, les endroits favorables sont sur les hauteurs et donc leurs impacts visuel et acoustique sont beaucoup plus dominants et portent beaucoup plus loin.
  • les régions les plus densément peuplées sont aussi des régions des grandes surfaces d’agricultures pratiquées avec beaucoup d'intrants chimiques. Donc la biodiversité y est sensiblement moindre et donc il y a moins de nature à protéger.
  • dans les régions les plus densément peuplées, le tourisme est concentré dans les villes et ne souffre donc pas de la présence d'éoliennes. L'Ardenne, par contre, a la chance de posséder un patrimoine écologique de qualité qu'il est indispensable de préserver. Le touriste a délaissé depuis longtemps la visite de parcs éoliens et se tourne de plus en plus vers des espaces naturels pour éliminer le stress de la ville.

2. Pourquoi s’opposer aux éoliennes alors qu’elles sont bonnes pour le climat?

Notre civilisation technologique a besoin d’énergie électrique garantie en permanence. L’énergie intermittente des éoliennes (voir diagrammes publiés par ELIA) nécessite l’accompagnement compensatoire permanent d’autres sources pour répondre à la demande, soit par des moyens importants de stockage qui sont techniquement insuffisants en cas de pénurie de vent et qui sont eux-mêmes souvent polluants soit de centrales au gaz, qui produisent donc des GES.

  • Si les éoliennes remplacent des centrales au fuel ou au charbon, le climat va y gagner parce que la combustion du gaz naturel émet moins de GES et de polluants que les autres combustibles fossiles.
  • Par contre si les éoliennes remplacent le nucléaire, le climat est perdant car les centrales nucléaires n’émettent aucun GES et les centrales au gaz naturel qui accompagnent obligatoirement les éoliennes émettent des quantités importantes de GES.
  • La tendance en Belgique est de stopper le nucléaire donc le climat sera perdant car les éoliennes seront toujours accompagnées de turbines à gaz et leur prolifération aggravera les problèmes climatiques.